Actualité Sports 24 mai 2008
Philippe Truillet passe le relais avec regret
samedi 24 mai 2008

Après trois olympiades à la tête du comité départemental, Philippe Truillet (ici avec la coupe de l’Orne) passe aujourd’hui la main. : F. B.
Comité de l’Orne : assemblée générale ce samedi à Alençon (15 h, maison des sports). En poste depuis 12 ans, le président passe le relais. Son successeur devrait être Christian Lemoigne.
Philippe Truillet, pourquoi ce départ ?
Tout simplement car j’habite à Granville depuis deux ans et demi, pour raisons professionnelles (SNCF). J’avais accepté de terminer ce mandat de quatre ans, mais il n’est pas facile de diriger un comité de cette façon, notamment au niveau des relations avec les institutions (conseil général, DDJS) ou les clubs.
Comment percevez-vous l’évolution du basket ornais de ces dernières années ?
Nos équipes se maintiennent en région, même s’il y a un turn-over. On a perdu des licenciés, on n’a pas réussi l’objectif d’avoir 1 500 licenciés, on plafonne à 1 200. La conjoncture économique défavorable des bassins d’Argentan, Vimoutiers ou L’Aigle a eu aussi sa part de responsabilité… Mais on n’a pas non plus de résultats au plan national comme peuvent l’avoir d’autres sports comme le rugby ou le football…
On a l’impression que le paysage départemental se réduit à Alençon au milieu du désert…
L’union du BC Alençon et de Damigny a permis en effet l’émergence d’un point central. J’aurais préféré que Saint-Germain-du-Corbéis les rejoigne, même s’il faut reconnaître que l’ASGC s’en sort très très bien. La déception concerne le bassin flérien : avoir deux clubs, une union (Flers/Saint-Georges) et de tels résultats, c’est décevant. Il y a possibilité de relancer la machine, mais il va falloir beaucoup de volonté. À L’Aigle le club se relance, d’autres se maintiennent, comme La Ferté-Macé. Mais d’une façon générale, on est confrontés à un manque croissant de bénévoles.
Comment endiguer cette désaffection ?
À nous de rendre les championnats plus attractifs. Certains clubs engagent des équipes de jeune en région alors qu’elles n’ont pas le niveau. Je préférerais plutôt avoir des compétitions régionales limitées à 12 ou 14 équipes, et qu’on ait des championnats départementaux attractifs.
La plaie reste encore le nombre de matches reportés.
Ça fonctionne un peu mieux : cette année, tous les matches seniors féminins ont été joués…
… avec un championnat à 4 équipes !
C’est vrai, mais jusqu’alors, les équipes en avaient assez de se rencontrer souvent. Là, elles sont allées au bout. En revanche, chez les jeunes, il y a effectivement encore trop de matches remis. On a organisé cette saison un « Open » benjamin et benjamines, en rassemblant toutes les équipes sur un même lieu pour disputer la 1er journée de championnat. Le point positif, c’est l’embauche du conseiller technique Pasqual Fardin, qui a amené beaucoup de choses depuis deux ans. Des clubs comme L’Aigle ou Sées ont notamment pu continuer grâce à lui.
Quel sera votre grand regret au soir de ces 12 ans ?
Avoir perdu plus de 200 licenciés, ça fait beaucoup… Et j’aurais aimé voir une équipe féminine en Nationale 3. À une époque, le PL Argentan a eu l’effectif, mais ça ne s’est pas fait…
Et votre principale fierté ?
Ma fonction d’arbitre m’a permis de rencontrer beaucoup de monde. Je dois beaucoup à mon ami - et regretté - Joël Aurousseau, qui m’a mis le pied à l’étrier et fait rentrer au comité. Même s’il y a eu des hauts et des bas avec les différentes équipes avec lesquelles j’ai travaillé, je me suis plu au comité, et je le quitte avec regret.
Quel profil devra avoir votre successeur ?
Corinne Chassac (PL Argentan) avait la carrure et les connaissances pour le poste, mais elle est confrontée à un souci de disponibilité avec son nouveau travail. Christian Lemoigne est candidat, ce serait un très bon choix. Son expérience au sein du PL Argentan servira le basket ornais. Mais si le comité en a besoin, je serai toujours là pour donner un coup de main.
Propos recueillis par François BOSCHER.